Pourquoi pas les abysses?

 

LE GRAND PROJET DE L'IFREMER

Plongez dans les abysses avec Daniela Zeppilli et Gilles Martin en suivant le grand projet de l’IFREMER « Pourquoi pas les abysses ? ». De nouvelles photographies seront publiées tout au long de cette aventure.

L'ambitieux projet de l'IFREMER « Pourquoi pas les abysses ? » a pour objectif d’accélérer les connaissances sur la biodiversité des grands fonds. Il va permettre d'étudier à grande échelle la distribution de la biodiversité marine présente dans les fosses abyssales et de progresser dans l'identification de ces espèces méconnues. Ce projet scientifique est porté par un groupe d'une trentaine de chercheurs dont l'océanographe italienne Daniela Zeppilli. Mondialement reconnue elle maîtrise parfaitement la communication et la vulgarisation scientifique.

RETOUR DE LA MISSION AMIGO

De retour d'une expédition entre l'Arctique et la France sur le navire océanographique le « Pourquoi pas ? », Gilles Martin vous invite à découvrir ses premières images de cette campagne de recherche destinée à inventorier la biodiversité des abysses.

La mission AMIGO2018 entre Saint-Pierre-et-Miquelon et Brest fait partie d'un cycle de missions destinées à alimenter les inventaires de biodiversité marine. Le but est de prélever des échantillons qui sont ensuite traités pour en extraire l'ADN. Cela permet grâce aux nouvelles méthodes de « barcode » moléculaire, de faire l'inventaire des espèces présentes localement.

Pendant toute la durée de cette mission Gilles Martin a suivi et partagé le travail de trois biologistes et chercheuses toutes reconnues dans leurs domaines : Daniela Zeppilli, Julie Poulain et Sophie Arnaud-Haond.

Daniela Zeppilli

Biologiste, titulaire d'un doctorat en biologie et écologie marine, elle est également chercheuse en écologie benthique et responsable du Laboratoire Environnement Profond à l’IFREMER. Daniela Zeppilli est spécialiste des nématodes, groupe de petits vers qui dominent la méiofaune (tous les animaux de moins d’un millimètre vivant dans l'ensemble des habitats benthiques de la planète).

Portait de Daniela Zeppili Daniela Zeppili préparant l'Octopus avant un carottage. © Gilles Martin / Ifremer

Julie Poulain

Ingénieure de recherche en biologie moléculaire au Genoscope (Centre National de Séquençage du CEA), Julie Poulain a participé aux expéditions Tara Oceans, Tara Polar Circle et Tara Pacific où elle a mis en œuvre l'échantillonnage et le séquençage in situ. C’est avec le séquenceur de nouvelle génération, le MinIon, déjà expérimenté sur Tara, qu’elle embarque sur le « Pourquoi pas ? » dans le cadre de la collaboration IFREMER / Genoscope  pour le projet « Pourquoi Pas les Abysses ? ».

Portrait de Julie PoulainSéquençage in situ par Julie Poulain. © Gilles Martin / Ifremer

Sophie Arnaud-Haond

Chercheuse à Ifremer depuis 12 ans, elle travaille aujourd'hui à la fois sur les environnements côtiers et profonds, en utilisant des outils issus de la biologie moléculaire pour étudier les processus invisibles à l'oeil nu. Ses recherches sont entre autres axées sur la manière dont les populations d'organismes marins sont connectés entre eux par la migration.

Portrait de Sophie Arnaud-HaondRéglage de l'Octopus avant sa mise à l'eau. © Gilles Martin / Ifremer

UNE EXPOSITION POUR LE FESTIVAL LA MER XXL

Une grande exposition intitulée « Pourquoi pas les abysses ? » sera présentée à Nantes du 29 juin au 10 juillet 2019 au Festival de la Mer XXL. Cet événement est réalisé en partenariat avec I'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer).

Le metabarcoding

Le metabarcoding et d’autres techniques moléculaires permettront de déceler des séquences génétiques d’espèces rares, d’obtenir des informations sur la fréquence et la datation d’évènements potentiels de radiation dans les grands fonds, l’évolution de grands règnes vivants et les mouvements ancestraux de faunes lors des grandes périodes géologiques.

Par ailleurs, ces techniques moléculaires pourront contribuer à répondre à la question sociétale de l’impact de l’exploitation minière sur la biodiversité des grands fonds en développant des méthodologies pour la définition des états initiaux, des impacts et des mesures de suivis à mettre en œuvre. Ces travaux s’appuieront notamment sur des études menées in situ lors de campagnes océanographiques dédiées aux grands fonds.

« On peut espérer, à partir d'un échantillon de sédiment du fond de la mer, de 4.000, 5.000, 8.000 mètres de profondeur, extraire l'ADN qu'il contient, et ensuite faire un inventaire des espèces présentes dans le milieu », explique Sophie Arnaud-Haond qui pilote ce projet avec Florence Pradillon.

Source du paragraphe "Le métabarcoding" : Pourquoi pas les abysses ? - Ifremer. Suivre le lien : <https://wwz.ifremer.fr/Recherche-Technologie/Projets-MERLIN-Pour-la-MER-Lancement-d-Initiatives-Nouvelles/Pourquoi-pas-les-abysses>

UN DÉFI PHOTOGRAPHIQUE

« L'IFREMER m'a contacté pour réaliser en exclusivité l'inventaire photographique de la méiofaune et de la macrofaune des abysses (polychètes, nématodes, crustacés, échinodermes, mollusques) prélevées au cours des différentes campagnes du bateau de recherche le Pourquoi pas ?

Dans le cahier des charges imposé par l'IFREMER les plus gros spécimens à photographier mesurent 3 cm et les plus petits quelques microns. C'est à Tours, dans mon studio que je réalise la plus grande partie des images avec mon propre matériel : un soufflet, un stéréomicroscope Zeiss et un microscope optique à fluorescence Zeiss. Pour compléter, je me déplace à l'IFREMER de Brest pour prendre des photographies au microscope électronique à balayage capable de grossissements très élevés pouvant aller jusqu'à 2 millions de fois.

En post production mes photographies seront valorisées par le travail d'une équipe de graphistes 3D qui vont animer toutes ces images pour la réalisation d'une exposition. »


Vue d'ensemble de la petite faune abyssale (nématodes, polychètes, ostracodes, copépodes, kinorhynches). Microscope optique. © Gilles Martin / Ifremer

LE « POURQUOI PAS ? »

Le Pourquoi Pas ? est un bateau de recherche océanographique nommé ainsi en hommage au commandant Charcot. Ce célèbre navigateur et océanographe français a réalisé toutes ses expéditions polaires à bord de quatre navires d’exploration du même nom. 
De nos jours, le Pourquoi Pas ? fait partie des navires hauturiers de la flotte de l’IFREMER. Il est en service depuis le 27 septembre 2005. 
D’une longueur de près de 110 m, ce navire permet de mener plusieurs types de missions telles que l’hydrographie, la cartographie ou le déploiement de sous-marins d’exploration comme le Nautile. La Marine Nationale dispose également de ce navire 150 jours par an.

LE NAUTILE

Conçu par l’IFREMER en 1984, le Nautile est un sous-marin qui peut plonger jusqu’à 6 000 m de profondeur. D’une forme sphérique, il peut accueillir trois personnes dans un espace de 5 m3. Le submersible peut supporter une plage de pression allant jusqu’à 900 bars. Grâce à sa résistance, il rend accessible 97% des fonds marins.
Le Nautile est muni de flashs, caméras, appareils photo et projecteurs pour les prises de vue de la méiofaune lors des expéditions. Il a effectué plus de 1 500 plongées dans le monde entier et a permis d’observer de célèbres épaves telles que le Titanic.

 

 

Photographie de Gilles Martin : Vers Nereididae (Polychaeta)

Vers Nereididae (Polychaeta).
© Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Daniela Zeppilli, océanographe de l'IFREMER de Brest.

Daniela Zeppilli, océanographe de l'IFREMER de Brest.
© Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Le « Pourquoi pas ? » pendant la mission AMIGO

 Le « Pourquoi pas ? » pendant la mission AMIGO.
© Gilles Martin / Ifremer

Photograohie de Daniella Zeppili : Gilles Martin photographiant des polychètes.

Prise de vues sur le « Pourquoi Pas ? ».
© Daniela Zippeli / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Vers Polynoidae (Polychaeta).

Vers Polynoidae (Polychaeta).
© Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Conditionnement des échantillons.

Conditionnement des échantillons.
©
 Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Polychète prélevé à 5000 mètres de profondeur.

Polychète prélevé à 5 000 mètres de profondeur.
© Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Recherche de spécimens par Daniela Zeppili et Julie Poulain

Recherche de spécimens par Daniela et Julie.
© Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Descente de l'Octopus pour un carottage.

Descente de l'Octopus pour un carottage.
© Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin :  Spécimen prélevé au cours de la mission AMIGO.

Spécimen prélevé au cours de la mission AMIGO.
© Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Houria Arhab : Gilles Martin au travail avec son microscope Zeiss.

Gilles Martin au travail avec son microscope Zeiss.
© Houria Arhab

Photographie de Gilles Martin : Portrait d'un polychète.

Portrait d'un polychète.
©
 Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Le « Pourquoi pas ? » dans les port de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Le « Pourquoi pas ? » à Saint-Pierre-et-Miquelon.
© 
Gilles Martin / Ifremer

Photographie de Gilles Martin : Méiofaune des abysses.

Au microscope, la méiofaune révèle toute sa beauté.
© Gilles Martin / Ifremer